Hivernage d'un moteur hors-bord

Je vais vous présenter la façon d'hiverner un moteur hors bord. Il est très important de bien hiverner son moteur de bateau, si vous ne le faites pas problèmes assurés au printemps à la remise en route. Il faut quand même un minimum de pratique en petite mécanique pour effectuer un hivernage, si vous n'êtes pas bricoleur laissez faire un professionnel. La première chose à faire c'est soit de démonter le hors- bord quand c'est celui de l'annexe ou sortir le bateau de l'eau pour faire l'hivernage. La chose à ne jamais faire c'est de dessaler le moteur en l'ayant relevé à fond, ils ne sont pas conçus pour fonctionner dans cette position. Ne riez pas j'en ai vu le faire sur les pontons, qui plus est avec des moteurs 4 temps. Donc, première chose à faire c'est un grand bac, on plonge l'embase dedans, de l'eau douce et on fait tourner le moteur au ralenti de 30 minutes à 1 heure ( c'est selon que vous ayez beaucoup navigué ou non).

Il faut que vous laissiez un petit filet d'eau s'écouler du tuyau pour renouveler celle du bac et bien sûr vous vérifier que l'eau sort par la pissette.
Une fois le moteur dessalé, on va déposer l'embase pour vérifier la turbine de la pompe à eau. Pas mal de plaisanciers ont tendance à négliger la turbine, en disant je l'ai changé l'an dernier. Les constructeurs préconisent de la changer toutes les 200 heures ou tous les ans, bien sûr si vous avez navigué 10 heures il n'y a pas de problème. Mais ça ne coûte rien de la vérifier car, c'est un élément important pour la survie de votre moteur. Premier truc à faire, regarder à l'avant de l'embase et si votre moteur en est équipé il faut débrancher le tube plastique du loch-speedo.


Sur certains modèles il se peut que vous deviez dévisser la tige de commande d'inverseur, mais en général c'est une tige à cannelure, qui s'enclenche dans une autre comme vous le verrez plus loin.Pour tomber l'embase on enlève le petit caoutchouc à l'arrière, pour démonter l'anode aileron.


Il vous faut en général une clé à pipe de 12 ou de 13. Dessous vous avez un boulon de maintien de l'embase, dévissez-le.


Puis vous dévissez les autres boulons qui maintiennent l'embase.


Une fois ça fait l'embase doit descendre, si elle ne voulait pas venir, vérifier ce que je vous ai dit plus haut, que la tige d'inverseur ne soit pas un modèle vissé.


On pose l'embase sur un support ou dans un étau avec des mors protecteurs et on va commencer par dévisser les bouchons de vidange, pour que l'huile s'écoule pendant que l'on vérifie la turbine.



On dévisse le bouchon de vidange qui est placé sous le bulbe, puis le bouchon de niveau qui est au-dessus, en ayant bien sûr mis un bac pour récupérer l'huile usagée.


Démontons le corps de pompe pour voir l'état de la turbine, dévissez les boulons sur la pompe.



Comme on le voit sur la photo cette turbine est en bon état, pas de craquelures, pas besoin de la changer. On vérifie aussi l'état du corps de pompe.


Il est sale, mais pas abimé, donc nettoyage et l'on peut remonter. On enduit le corps de pompe avec de la graisse silicone ou de la vaseline avant de remonter. Pour remonter le corps et faire rentrer la turbine, on prend l'arbre moteur avec la main et on le fait tourner dans le sens des aiguilles d'une montre. On pousse sur le corps de pompe et la turbine rentre dans son logement.


Avant de remettre les boulons il faut leur appliquer de la graisse, c'est la base en mécanique marine on met de la graisse sur tous les boulons que l'on remonte. Si vous ne faites pas ça, le sel finira par s'insinuer dans le filet et risque de souder les boulons à leur support.


On graisse aussi la tige d'inverseur et l'arbre moteur.


On va maintenant remettre de l'huile dans l'embase. Il faut remplir l'embase par le bouchon de vidange qui est dessous, on arrête quand l'huile sort par le bouchon de niveau au-dessus.


Vous trouverez l'huile d'embase en tube, dont il suffit de couper l'embout et vous roulez le tube sur lui-même, comme un tube de dentifrice. Vous pouvez la trouver en petit bidon plastique, avec embout pour l'embase et après il suffit de presser sur le bidon. Une fois que l'huile sort par le haut, vous remettez d'abord le bouchon de niveau en maintenant le flacon en bas. Ça permet de maintenir un peu l'huile quand vous mettrez le bouchon du bas. Enlevez la canule du bas et vite vous mettez le bouchon de vidange, repérez quand vous les démonter vos bouchons pour ne pas les intervertir. Maintenant nous allons démonter l'hélice pour nettoyer et graisser l'arbre. Pour démonter l'hélice vous mettez un morceau de bois entre l'hélice et la plaque de cavitation. Après, vous enlevez la goupille et vous dévissez le boulon. Il n'y a plus qu'à enlever l'hélice, repérez les différents éléments montés sur l'arbre et leur sens.


Sur les photos suivantes vous voyez l'arbre avec sa vieille graisse, une fois nettoyé et graissé.


Vous pouvez remonter l'hélice, si vous avez une clé dynamométrique serrez avec un couple de 5,5 à 6,5 daN.m. Sinon serrez bien, mais pas exagérément.
Maintenant vous pouvez remonter votre embase sur le moteur, faites bien attention quand vous la remonter, que le tube à eau et que la tige d'inverseur s'enclenche bien dans leur homologue sur le moteur. Si l'embase ne s'enclenche pas bien, vous devrez peut être faire tourner un peu l'arbre moteur avec la main, pour faire correspondre les cannelures.
Vérifier l'état du filtre à essence sur un 2 temps et changer le s'il le faut. Sur un 4 temps il sera de toute façon changer à la révision.


Sur un moteur 2 temps il vous faut vidanger les carburateurs, si vous ne le faites pas l'essence va s'évaporer et l'huile risque d'encrasser les gicleurs. Vous avez une vis sous les carburateurs, qu'il suffit de dévisser un peu pour laisser s'écouler le carburant.


A présent nous allons vérifier l'état du thermostat (calorstat), c'est une pièce importante pour la bonne température de fonctionnement du moteur. On dévisse les boulons de son carter et on l'enlève en faisant attention de ne pas abimer le joint.


Vous enlevez le thermostat et regardez son état. Si vous voulez vérifier son bon fonctionnement, vous le mettez dans une casserole avec de l'eau que vous mettez à chauffer. Une fois arrivé à sa température de fonctionnement, qui est indiqué sur le calorstat il doit s'ouvrir. Récupérez-le avec une grosse cuillère et trempez le dans l'eau froide et il doit se fermer.


Vous pouvez remonter le calorstat s'il est bon autrement on le change. Maintenant démontez les bougies et avec une burette d'huile pour moteur 4 temps, mettez 4 ou 5 giclées dans les cylindres pour les lubrifier.


Remontez les bougies, vous les changerez au printemps à la remise en route. Nous allons maintenant nettoyer le moteur, on prend du calnet (dégraissant à froid) et on pulvérise tout le moteur.


On laisse agir quelques minutes et on rince avec le jet d'eau.


Après avoir laissé sécher le moteur, on graisse toute la tringlerie, la barre de direction et les graisseurs des points de pivots avec une pompe à graisse.


Il n'y a plus maintenant qu'à lubrifier totalement le bloc moteur. Vous prenez du WD40 ou mieux si vous trouvez du HHS2000 de chez Wurth et vous pulvérisez tout le moteur pour le protéger efficacement contre la corrosion.


Voilà votre moteur est hiverné et bien protégé pour être opérationnel à la prochaine saison.

Hivernage moteur in-board

Premièrement il faut rincer le moteur pour le dessaler, on fait tourner le moteur au ralenti une demi heure à l'eau douce. Si le bateau est hors de l'eau on peut immergé l'embase dans un grand bac ou brancher les oreilles sur les grilles d'aspiration. Vous pouvez aussi mettre directement un tuyau d'eau dans le filtre à eau de mer en fermant la vanne d'aspiration et en réglant le bon débit d'eau.

Après le rinçage des moteurs a circuit de refroidissement direct, vidangez le bloc, les coudes, les collecteurs et les échangeurs.
Pour les moteurs a circuit de refroidissement in-direct vidangez les parties alimentées en eau de mer.
Vous pouvez aussi mettre de l'antigel par le filtre à eau de mer et faire tourner le moteur jusqu'à ce que l'antigel sorte par l'échappement.

Pendant que votre moteur tourne pour se rincer, controlez l'étanchéité des circuits d'alimentation, de lubrification et de refroidissement.

Après le dessalage, vidangez l'huile de votre moteur et changez le filtre à huile, remplissage et remise à niveau de l'huile moteur.
Si votre bateau est hors de l'eau, vous pouvez démonter l'hélice, la nettoyer et la stocker. Nettoyez et graissez bien l'arbre d'hélice.
Pour les moteurs essence avec le moteur au ralenti après avoir démonter le filtre à air et avec une burette d'huile vous envoyer des petites giclées d'huile dans le carburateur par le gros trou d'aspiration. Votre moteur va se mettre à fumer bleu et il devrait caler, la votre moteur est bien lubrifier pour l'hiver. Pour les moteurs diesel le gazoil a un pouvoir lubrifiant suffisant. Remplissez votre réservoir à carburant pour éviter les problèmes de condensation.

Pulvérisez le moteur avec un dégraissant à froid type Calnet et rincez le moteur. Séchez le moteur à la souflette et pulvérisez le de W40 ou du HHS2000 de chez Wurth.

Vocabulaire technique pour les renforts de construction d'un bateau.

Nous allons voir le vocabulaire technique employé dans la construction navale pour les renforts d'un bateau, dans un bateau chaque élément a un nom bien précis et c'est bien de le connaitre, car le jour où vous devez désigner un de ces éléments au responsable de l'entretien de votre bateau, il sait exactement de quoi vous lui parlez, c'est mieux que de dire par exemple la barre qui va de là a là.

Ces termes viennent bien sûr de la construction nautique bois, mais sur une coque polyester ils sont en général réalisé en mousse et recouvert de fibres de verre pour les rigidifier. Leur forme est appelée Omega en rappel à la forme du symbole de l'Oméga ( Ω ), quand on veut rigidifier un panneau par exemple, on va vous dire de placer un Oméga à tel endroit.




1 Carlingue : c'est un renfort qui part de l'arrière vers l'avant du bateau, il est donc situé dans le sens de la longueur.

2 Varangue : c'est un renfort perpendiculaire aux carlingues, il se situe donc dans la largeur.

3 Hiloires : ce sont les renforts longitudinaux sous le pont.

4 Barrot : ce sont les renforts perpendiculaires aux hiloires sous le pont.

5 Lisses : ce sont des renforts longitudinaux situés sur toutes les parties du bateau.

6 Jambettes : ce sont des renforts verticaux qui partent du pont jusqu'au plat bord.

7 Membrures : renforts verticaux sur la coque du bateau, qui partent du fond et qui rejoignent les barrots et les lisses du pont.

8 Bouge : c'est le rayon qui donne l'arrondi du pont. La cote est défini entre la partie supérieure du pont et les côtés.

9 Plat bord : renfort périphérique au point supérieur du bordé.

Les renforts longitudinaux sont toujours stratifiés en priorité, c'est-à-dire les carlingues, les hiloires et les lisses.