Rénovation vieux bateau

Mon neveu m'a appelé pour restauré son vieux bateau, ce matin rendez-vous était pris pour visualiser l'étendu du chantier et bien le chantier est conséquent. Je me suis dit que cela pourrait faire un bon sujet pour le blog et donc il y aura une série d'articles sur tout ce qui va être fait par moi. Il y a un travail de restauration sur la coque et un remplacement de l'étrave qui est foutue, ce sera effectué par un charpentier de marine de Port-Vendres.

Le bateau a été construit a Oran (Algérie) en 1955 par le chantier Ortigosa, j'ai fait des recherches sur internet, mais je n'ai rien trouvé, hormis une référence m'indiquant que le chantier a bien existé. Donc si quelqu'un a des renseignements sur ce bateau je suis preneur, laissez-moi un message en commentaires.

Voici la bête :
bateau_boisbateau_bois_coteDonc bien sûr il y a un travail de rénovation au niveau du bois, avec des parties à reconstruire, la coque était recouverte d'un stratifié polyester qui a été enlevé et nous allons laisser le bateau tout bois sans refaire de stratification.
bateau_bois_avantIl est prévu la fabrication d'un balcon avant en inox et la fabrication d'une nouvelle trappe de pont avec une ligne bombée, cela sera plus beau que le capot carré actuel.
bateau_bois_cloisonLa cloison du poste de pilotage va aussi être changée, avec fabrication d'un tableau de bord bois et inox. On va refaire toute l'électricité de bord avec mise aux normes.
bateau_bois_cabineA l'intérieur, ponçage, peinture, découpe et pose de plexiglas sur les ouvertures.
bateau_bois_plancherRéfection totale du plancher, avec pose de linoléum pour faciliter le nettoyage, car c'est un bateau qui va être utilisé pour la pêche.
bateau_bois_arriereLà aussi gros boulot, le tableau arrière était totalement foutu. Dessus était monté une chaise inox artisanale, avec un 50 cv Yamaha 2 temps, il a vraiment eu de la chance de ne pas perdre son moteur dans l'eau. Nous allons transformer un peu le tout pour fixer le moteur directement sans passer par une chaise, il faudra créer un puits pour pouvoir relever le moteur. On va aussi voir la possibilité de mettre un réservoir fixe plutôt que les nourrices. Il y a aussi la fabrication de banquettes, de mains courantes en bois, d'un mat de feu avant et bien sûr toutes les petites bêtises qui vont se présenter. Bon il va me falloir du courage, mais je crois que je vais me régaler et que ce sera très gratifiant comme travail. Bon et bien je posterais des articles et des photos au fur et à mesure de l'avancée des travaux.

Gel Coat

Le gel coat est employé en couche de surface pour les stratifiés polyester ou carbone notamment. Dans le nautisme en particulier, on préfèrera utiliser un gel coat pur ISO, qui procurera une meilleure barrière à l'eau.

Vous le trouverez en plusieurs viscosités allant d'un gel coat application brosse (épais) à un gel coat application pistolet (plus fluide). L'humidité a un effet inhibiteur sur le gel coat, il faudra donc l'appliquer dans des conditions d'hygrométrie satisfaisantes. Vous avez aussi un gel coat pour le moulage et un autre pour finition. Le gel coat durcit avec un rajout de catalyseur, mais aussi par un effet anaérobie. Il ne faut pas pas d'air à son contact pour qu'il durcisse, dans un moule il va durcir côté moule, mais il va rester poisseux en extérieur ce qui facilitera l'accroche des futurs tissus de verre. Pour un gel coat de finition on rajoute 5 % de styrène paraffiné, la paraffine va créer une mince couche qui va isoler le gel coat de l'air et donc il durcira en surface. Vous pouvez épaissir votre gel coat avec de la silice si vous travaillez sur des surfaces verticales pour éviter qu'il ne coule, vous pouvez aussi mélanger votre gel coat avec du talc (attention aux variations de couleurs).

La couche qui doit être appliquée sur un moule doit être de 300 grammes/m² au minimum et 500 grammes/m² au maximum. Le gel coat accepte d'être mélangé à des charges et des colorants. Pour passer le gel coat au pistolet, on dilue à l'acétone et on sur catalyse ( on peut aller jusqu'à 10 % de catalyseur).

Hivernage d'un moteur hors-bord

Je vais vous présenter la façon d'hiverner un moteur hors bord. Il est très important de bien hiverner son moteur de bateau, si vous ne le faites pas problèmes assurés au printemps à la remise en route. Il faut quand même un minimum de pratique en petite mécanique pour effectuer un hivernage, si vous n'êtes pas bricoleur laissez faire un professionnel. La première chose à faire c'est soit de démonter le hors- bord quand c'est celui de l'annexe ou sortir le bateau de l'eau pour faire l'hivernage. La chose à ne jamais faire c'est de dessaler le moteur en l'ayant relevé à fond, ils ne sont pas conçus pour fonctionner dans cette position. Ne riez pas j'en ai vu le faire sur les pontons, qui plus est avec des moteurs 4 temps. Donc, première chose à faire c'est un grand bac, on plonge l'embase dedans, de l'eau douce et on fait tourner le moteur au ralenti de 30 minutes à 1 heure ( c'est selon que vous ayez beaucoup navigué ou non).

Il faut que vous laissiez un petit filet d'eau s'écouler du tuyau pour renouveler celle du bac et bien sûr vous vérifier que l'eau sort par la pissette.
Une fois le moteur dessalé, on va déposer l'embase pour vérifier la turbine de la pompe à eau. Pas mal de plaisanciers ont tendance à négliger la turbine, en disant je l'ai changé l'an dernier. Les constructeurs préconisent de la changer toutes les 200 heures ou tous les ans, bien sûr si vous avez navigué 10 heures il n'y a pas de problème. Mais ça ne coûte rien de la vérifier car, c'est un élément important pour la survie de votre moteur. Premier truc à faire, regarder à l'avant de l'embase et si votre moteur en est équipé il faut débrancher le tube plastique du loch-speedo.



Sur certains modèles il se peut que vous deviez dévisser la tige de commande d'inverseur, mais en général c'est une tige à cannelure, qui s'enclenche dans une autre comme vous le verrez plus loin.Pour tomber l'embase on enlève le petit caoutchouc à l'arrière, pour démonter l'anode aileron.



Il vous faut en général une clé à pipe de 12 ou de 13. Dessous vous avez un boulon de maintien de l'embase, dévissez-le.



Puis vous dévissez les autres boulons qui maintiennent l'embase.



Une fois ça fait l'embase doit descendre, si elle ne voulait pas venir, vérifier ce que je vous ai dit plus haut, que la tige d'inverseur ne soit pas un modèle vissé.



On pose l'embase sur un support ou dans un étau avec des mors protecteurs et on va commencer par dévisser les bouchons de vidange, pour que l'huile s'écoule pendant que l'on vérifie la turbine.




On dévisse le bouchon de vidange qui est placé sous le bulbe, puis le bouchon de niveau qui est au-dessus, en ayant bien sûr mis un bac pour récupérer l'huile usagée.


Démontons le corps de pompe pour voir l'état de la turbine, dévissez les boulons sur la pompe.




Comme on le voit sur la photo cette turbine est en bon état, pas de craquelures, pas besoin de la changer. On vérifie aussi l'état du corps de pompe.



Il est sale, mais pas abimé, donc nettoyage et l'on peut remonter. On enduit le corps de pompe avec de la graisse silicone ou de la vaseline avant de remonter. Pour remonter le corps et faire rentrer la turbine, on prend l'arbre moteur avec la main et on le fait tourner dans le sens des aiguilles d'une montre. On pousse sur le corps de pompe et la turbine rentre dans son logement.


Avant de remettre les boulons il faut leur appliquer de la graisse, c'est la base en mécanique marine on met de la graisse sur tous les boulons que l'on remonte. Si vous ne faites pas ça, le sel finira par s'insinuer dans le filet et risque de souder les boulons à leur support.



On graisse aussi la tige d'inverseur et l'arbre moteur.



On va maintenant remettre de l'huile dans l'embase. Il faut remplir l'embase par le bouchon de vidange qui est dessous, on arrête quand l'huile sort par le bouchon de niveau au-dessus.



Vous trouverez l'huile d'embase en tube, dont il suffit de couper l'embout et vous roulez le tube sur lui-même, comme un tube de dentifrice. Vous pouvez la trouver en petit bidon plastique, avec embout pour l'embase et après il suffit de presser sur le bidon. Une fois que l'huile sort par le haut, vous remettez d'abord le bouchon de niveau en maintenant le flacon en bas. Ça permet de maintenir un peu l'huile quand vous mettrez le bouchon du bas. Enlevez la canule du bas et vite vous mettez le bouchon de vidange, repérez quand vous les démonter vos bouchons pour ne pas les intervertir. Maintenant nous allons démonter l'hélice pour nettoyer et graisser l'arbre. Pour démonter l'hélice vous mettez un morceau de bois entre l'hélice et la plaque de cavitation. Après, vous enlevez la goupille et vous dévissez le boulon. Il n'y a plus qu'à enlever l'hélice, repérez les différents éléments montés sur l'arbre et leur sens.


Sur les photos suivantes vous voyez l'arbre avec sa vieille graisse, une fois nettoyé et graissé.



Vous pouvez remonter l'hélice, si vous avez une clé dynamométrique serrez avec un couple de 5,5 à 6,5 daN.m. Sinon serrez bien, mais pas exagérément.
Maintenant vous pouvez remonter votre embase sur le moteur, faites bien attention quand vous la remonter, que le tube à eau et que la tige d'inverseur s'enclenche bien dans leur homologue sur le moteur. Si l'embase ne s'enclenche pas bien, vous devrez peut être faire tourner un peu l'arbre moteur avec la main, pour faire correspondre les cannelures.
Vérifier l'état du filtre à essence sur un 2 temps et changer le s'il le faut. Sur un 4 temps il sera de toute façon changer à la révision.



Sur un moteur 2 temps il vous faut vidanger les carburateurs, si vous ne le faites pas l'essence va s'évaporer et l'huile risque d'encrasser les gicleurs. Vous avez une vis sous les carburateurs, qu'il suffit de dévisser un peu pour laisser s'écouler le carburant.



A présent nous allons vérifier l'état du thermostat (calorstat), c'est une pièce importante pour la bonne température de fonctionnement du moteur. On dévisse les boulons de son carter et on l'enlève en faisant attention de ne pas abimer le joint.



Vous enlevez le thermostat et regardez son état. Si vous voulez vérifier son bon fonctionnement, vous le mettez dans une casserole avec de l'eau que vous mettez à chauffer. Une fois arrivé à sa température de fonctionnement, qui est indiqué sur le calorstat il doit s'ouvrir. Récupérez-le avec une grosse cuillère et trempez le dans l'eau froide et il doit se fermer.



Vous pouvez remonter le calorstat s'il est bon autrement on le change. Maintenant démontez les bougies et avec une burette d'huile pour moteur 4 temps, mettez 4 ou 5 giclées dans les cylindres pour les lubrifier.



Remontez les bougies, vous les changerez au printemps à la remise en route. Nous allons maintenant nettoyer le moteur, on prend du calnet (dégraissant à froid) et on pulvérise tout le moteur.



On laisse agir quelques minutes et on rince avec le jet d'eau.



Après avoir laissé sécher le moteur, on graisse toute la tringlerie, la barre de direction et les graisseurs des points de pivots avec une pompe à graisse.


Il n'y a plus maintenant qu'à lubrifier totalement le bloc moteur. Vous prenez du WD40 ou mieux si vous trouvez du HHS2000 de chez Wurth et vous pulvérisez tout le moteur pour le protéger efficacement contre la corrosion.



Voilà votre moteur est hiverné et bien protégé pour être opérationnel à la prochaine saison.